La nécessaire maturation des jeux vidéastes

Le dernier Sim City est sorti, et personne ne peut y jouer. Ou en tout cas, après quelques ajustements de la part de son éditeur, personne ne peut y jouer tel que c’était prévu à la base, des fonctionnalités ayant été enlevés pour alléger la charge sur les serveurs.

Serveurs, donc jeu en ligne ? Non pas spécialement. Sim City fait parti de ces nouveaux jeux qui sous un prétexte ou un autre, oblige le joueur à être connecté pour jouer, même s’il comptait bien rester tranquille chez lui sur un jeu solo, sans sentir le besoin d’envoyer des copies d’écran de ses exploits, une vidéo sur YouTube de lui jouant ou de comparer son score avec des quidams.

Sur le web, ce sont alors des tonnes de messages d’indignation qui déferlent. C’est un scandale, on nous vend des jeux auxquels on ne peut pas jouer. De son côté, l’éditeur ne veut pas rembourser. Et si je me mets à sa place, je le comprends tout à fait.

En effet, voilà ce qu’on lit à la fin de l’article de 20 minutes intitulé «SimCity», le dernier fiasco des DRM à propos d’un précédent sur Diablo III : « Bilan: malgré les appels au boycott, Diablo III s’est écoulé à plus de 12 millions d’exemplaires ».

Autrement dit, peu importe les ratages des premières semaines, les joueurs qui attendent un jeu de cette envergure sont capables de passer outre sur le moyen terme. Comme les éditeurs misent sur ces systèmes comme mesure de protection anti-copie efficace sur les première semaines de vente, pourquoi changer quoi que ce soit ? Dans ce bras de fer, l’éditeur gagne… car le joueur le veut bien !

Si d’un côté un joueur poste sur différents forums sa colère, son appel au boycott, sa résolution personnelle qu’il n’achètera plus jamais un jeu de cet éditeur mais que de l’autre main il ajoute le titre à sa wishlist pour finalement craquer à la occasion venue (soldes Steam aidant), qu’envoie-t-il comme signal ?

Qu’il achètera le jeu. C’est tout. Peut-être qu’une petite frange de joueurs intègres passera sur le titre incriminé mais… 12 millions de Diablo III. Même s’il y a eu 1 million (et j’en doute) de joueurs qui auront tenu parole et passé leur tour sur ce jeu, la différence est négligeable.

Ça va ou pas ?

Avant de continuer l’article, faisons une pause : est-ce que finalement, cette situation est acceptable ou non ?

Si elle l’est, on peut imaginer qu’elle est temporaire, que les éditeurs et développeurs vont s’améliorer en prévision de charge sur les premiers jours et qu’au final, le type jeu « toujours connecté » sera la norme.

On peut imaginer aussi que les éditeurs s’accommodent des premiers jours chaotiques en les minimisant juste assez pour que, un minimum de joueurs étant impactés, ça ne fasse plus de vague.

Et puis on peut aussi se dire que cette situation n’est pas normale, pour des raisons très diverses : on ne vend pas un produit qui ne fonctionne pas, on se dit que vraiment les acheteurs sont des vaches à lait, on se dit que c’est stupide d’obliger les joueurs à être connectés sous de faux prétextes, on se dit… plein de choses.

Mais les dire ne les fait pas potentiellement entendre ni même prendre en compte. Pour qu’une situation change, se contenter de pester sur des forums ou sur une ligne de service après vente tout ça pour être bien content d’acheter le jeu au final, n’est pas suffisante. Les appels au boycott ne sont pas suivis non plus car, encore une fois, le désir de jouer est plus fort que les freins.

Les changements de situation se font soit par prise de conscience collective (12 millions de Diablo III, mettons cette hypothèse de côté pour le moment), soit par une offre alternative poussée par des leaders d’opinion et assez attrayante pour être en concurrence.

Il existe des leaders d’opinion dans le jeux vidéo. Des journalistes, blogueurs, chroniqueurs, des sites entiers qui font référence. Ces leaders jouent malheureusement soit dans la cours des AAA (blockbusters, peu importe le nom) et relaient la tendance majoritaire, soit ils sont conservateurs et considèrent que c’était mieux avant, point.

L’Histoire avance, et c’était peut-être mieux avant, mais ce n’est plus avant. Vouloir freiner les pratiques actuelles du tout connecté, du dématérialisé, du gratuit-mais-mauvais,… est inutile. Se battre contre la force de l’évolution, dans le jeu vidéo comme ailleurs, requiert plus d’énergie que l’accompagner.

Tout est connecté ? Pourquoi pas, si le joueur peut choisir quand et dans quel but. La vente est dématérialisé ? Qu’importe, si le joueur peut dupliquer sa copie. Le jeu est gratuit car c’est le joueur le produit ? À un moment, il faut bien réaliser qu’il faut payer quelque chose et être conscient de ce que l’on a à payer.

Entre deux cycles

L’industrie aime parler de cycles, malgré un Histoire du jeu vidéo très brève par rapport à ne serait-ce que l’Histoire de l’industrialisation. Dans cette théorie guidée par les générations de console, nous sommes en fin de cycle.

Contrairement aux cycles précédents, qui laissaient l’offre flotter le temps du changement faute d’alternative (à part la portable Nintendo du moment), il y a cette fois le choix : smartphones et tablettes, monde « indé » en effervescence, matériel pas cher (Ouya, Raspberry Pi).

Valve aussi indique le changement, en s’essayant à un mélange de tout ça avec du matériel (probablement) pas cher pour sa Steam Box, le Greenlight pour accueillir les indépendants sur Steam, le mode télévision et support des pads.

Il serait très dommage que Valve reste seule sur ce créneau. On verra bien ce que donne Ouya, mais on pourrait penser aussi à un modèle vraiment ouvert de plateforme de jeu à base de Raspberry Pi (35$ l’unité).

Tout cela nécessite de vouloir aller de l’avant, de proposer des alternatives convaincantes en laissant de côté tous les côtés désagréables.

Cela nécessite que les joueurs de jeux vidéo dans l’ensemble deviennent matures dans leurs choix de consommation. Et ce dernier point nécessite probablement des leaders d’opinion eux-mêmes matures et tournés vers le futur.

Annonce de la Playstation 4 : Retour sur la conférence Sony

Le 20 février 2013, se tenait la conférence Sony d’annonce de la PS4 à New York (vous savez aux Etats-Unis !). Cette conférence avait lieu dans l’après midi, et avec le décalage horaire en France ça démarrait le 21 février à minuit, sachant que je me couche assez tard, je me suis dit qu’avant de m’endormir j’allais regarder ça…

Le stream semblait bien marcher, jusqu’à ce que je me retrouve dans l’incapacité à lire le flux traduit en français sans que je comprenne pourquoi, même en qualité minimum, alors que le flux anglais lui passait en HD… Je me suis tapé pratiquement tout en VO, ça me fait pas de mal, mais j’ai pas forcément tout compris, du coup je suis peut-être passé à côté de certains détails…

Je n’aime pas vraiment réagir de suite à l’actualité, et préfère prendre un minimum de recul, mais je vais tenter le coup pour une fois, surtout pour livrer vraiment ce que j’ai pensé sans être influencé par d’autres avis, c’est donc une réaction presque à chaud, parce que je suis allé me coucher après la conférence, et que malgré mes efforts j’ai quand même vu quelques bouts d’avis en allant juste essayer de récupérer des photos pour illustrer cet article…

We didn’t build a box

ps4_logo

Durant l’introduction, une petite phrase s’affiche « We didn’t build a box« … On est aux États-Unis, c’est ici que Microsoft leur a fait le plus de mal avec sa Xbox 360, alors Sony ne les oublie pas, petit clin d’oeil, smiley souriant.
Elle sera reprises par la suite « We didn’t build a box, we didn’t build a console…« .
Là, j’aurais du me douter de quelque chose, mais j’y reviendrais plus tard.

En fait après l’attaque sur le boîte, je pensais qu’on aurait une petit remarque concernant la Wii U, mais le discours est parti dans un délire marketing que je n’arriverais même pas à traduire, en gros la Playstation 4 c’est pas une boite ou une console, mais genre c’est le point central de la vie et de l’espace intersidéral d’internet 2.0, oui bon je m’emporte peut-être un peu, c’était long, et c’est à ce moment là que ça coupait un peu.

It’s all about sharing, receiving, watching, and showing… And… Uh… Yes, gaming.

Vous le savez, les consoles faut les connecter, parce qu’il ne faudrait pas que vous les utilisiez sans que quelqu’un le sache, aujourd’hui quand on la branche, on y joue pas, non trop simple, on la connecte de suite sur son réseau, on se fait son profil, on installe des mises à jours, on va sur Facebook et on envoi un message « Publié via PS4 », et on Tweet en même temps « J’ai acheté un nouveau jouet ! #PS4 ».

Ouais les mecs, tout le monde doit le savoir, un peu comme quand vous commandez le croque monsieur de la brasserie à coté de votre boulot, vous savez celui qui avec un café vous coutera 8,50 euros le montant exact de vos tickets resto, faut le prendre en photo et le balancer sur instagram pour un instant gras, c’est ça la vie maintenant, ce n’est pas faire qui est important, c’est dire qu’on va faire, dire qu’on fait, dire qu’on a fait.

La PS4 est hyper-connectée, vous êtes sur internet tout le temps, vous pouvez partager des messages, des captures d’écran, ou même des vidéos de vos parties.

Vous allumez la machine, et vous pouvez savoir ce que font vos amis ! Enfin… Pas les regarder sous la douche non plus, sauf si la caméra est dans la salle de bain et qu’elle est allumée, mais vous pouvez savoir à quoi ils jouent, les regarder jouer en live (le voyeurisme chez les gamers, un sujet de « En quête d’enquêtes ».), et pourquoi pas les rejoindre très facilement et les exploser pour le plaisir !

La PS4 télécharge même pour vous, vous avez choppé par curiosité une démo d’un jeu de daube juste pour vérifier que c’était bien nul ? Ok ! La PS4 s’en souviendra, et quand la démo de la suite de ce jeu sortira, elle la téléchargera pour vous, sans que vous ayez à demander, que de temps gagné ! Vous n’aurez qu’à trouver comme la supprimer au lieu de devoir ne pas la télécharger du tout !
Hein ? Quoi ? Mais non… Elle est sympa, elle bosse pour vous !

Le Clad Gaming

Après le coup des modèles de PS3 rétrocompatible avec la PS2 et toutes les autres qui ne l’étaient pas, on s’est dit qu’on allait pas faire du tout de rétrocompatibilité matérielle, ça couterait trop cher.

Mais il est bien question à terme de pouvoir rejouer aux anciens jeux PS1, PS2, et PS3, donc pour ceux qui ont aimé Final Fantasy VII en français, ils pourront retrouver Clad et ses potes grâce au Clad ou Cloud Gaming suivant les traducteurs.

Tout ces services de cloud et de streaming seront respectivement proposés bien sûr par Gaikaï que Sony avait racheté il y a quelques temps, et Ustream qui nous proposait de suivre cette conférence en live, on attend un peu de savoir en détail comment tout ça marchera, et surtout combien ça coutera.

Il se pourrait aussi que vous puissiez jouer à des jeux alors que vous êtes en train de les télécharger… Ah ? Alors ça serait surement via une sorte de cloud aussi, tout ça reste à préciser une fois de plus…

MAJ 22/02/2013 : Sur ce point, je n’avais pas forcément compris, au départ je pensais que l’installation serait en quelque sorte morcelée mais vu que la présentation parlait beaucoup de stream et de cloud, j’ai pensé à ça… Il semblerait que ma première idée était la bonne, en fait la console chargerait et installerait en priorité les éléments comme le moteur, menu et le premier niveau par exemple, pour que vous puissiez jouer immédiatement, le reste du téléchargement et de l’installation se ferait pendant votre partie.

Et on évoque aussi l’idée de calcul sur un serveur distant, afin d’avoir de meilleurs graphismes, et en quelque sorte de pouvoir faire évoluer la console sans changer de carte graphique… Là encore, c’est un peu obscur, mais c’est tout à fait envisageable, il reste juste à voir ce que ça donnera en pratique.

Remote Play et jeu asymétrique ?

Une des rumeurs parlait de la possibilité de jouer avec une tablette ou un smartphone à ses jeux PS4, mais aussi de pouvoir jouer avec la PSVita, et c’est confirmé.

Comme on le fait déjà avec le Gamepad sur Wii U, on pourra jouer en cloud local « Remote Play » à ses jeux sur sa PSVita, et on aura aussi du gameplay asymétrique, même si aucune démonstration n’a été faite. Et ça ne serait pas juste du cloud local puisque ça parlait à un moment de « Everything Every-buffering-where« , est-ce que ça veut dire que vous pourrez jouer à la PS4 sur votre PSVita planqué dans les WC de l’entreprise ?

remote_play

C’est je pense une excellente idée, si la portée en local est bien supérieur à celle du Gamepad qui ne supporte pas que vous changiez de pièce, et encore plus si on peut vraiment partir loin et jouer en cloud sur sa console. La PSVita a l’avantage d’avoir deux sticks, et tous les boutons nécessaires pour pouvoir jouer à tous les jeux qu’on trouverait sur PS4, de plus ça pourrait permettre de relancer les ventes, et de dépoussiérer cette pauvre PS Vita qui manque un peu de jeu.

20 euros de réduction sur Starcraft II et Diablo III

Si vous n’avez pas encore Starcraft II Wings of Liberty et Diablo III, sachez qu’Auchan propose du 13 au 19 février 2013 une remise en caisse de 20 euros, ce qui fait baisser respectivement les prix à 19,99 euros et 39,99 euros.

Scan de l'offre sur le catalogue Auchan

Scan de l’offre sur le catalogue Auchan

Pour Diablo III, c’est le prix auquel on trouve le jeu sur Amazon, mais pour Starcraft II c’est probablement le meilleur prix que j’ai vu depuis que le jeu est sorti, donc c’est une assez bonne affaire…

Starcraft 2