Journey – Playstation 3

Très certainement un des jeux les plus marquant de la génération précédente de consoles, Journey est un jeu atypique, dont on a beaucoup parlé depuis sa sortie, et dont on parle encore, la preuve, je me décide enfin à dire ce que j’en ai pensé ici.

Un jeu ou une expérience ?

Le jeu est développé par ThatGameCompany, connu pour Flow, Flower, et Cloud pour les joueurs PC, des jeux déjà assez particuliers. 

Journey est présenté sur le site officiel comme une parabole interactive, une aventure en ligne anonyme, permettant d’expérimenter le passage d’une personne dans la vie.

Parfois qualifié de « non-jeu » par des gens qui n’ont visiblement pas compris ce qu’ils faisaient avec leur manette, ou encore de « Balade interprétative » par Kelesis, Journey est bel et bien un jeu, mais également une expérience interactive étonnante.

Quand t’es dans le désert, depuis trop longtemps…

Lorsque vous appuyez sur Start, votre personnage apparaît, seul dans le désert. Il sera accompagné par quelques rapides explications sur les commandes du jeu qui après coup sembleraient presque de trop. Et puis plus rien, seulement du sable à perte de vue. Vous êtes libre, tellement libre que vous ne savez pas forcément pas quoi faire.
Est-ce quelqu’un est sensé venir vous chercher ? À bien y regarder, il y a l’air d’avoir des choses au loin, et puis il y a cette lumière… Vous décidez de marcher… C’est sur ce premier choix que débute votre voyage.

© ThatGameCompany

© ThatGameCompany

La solitude

La solitude est pesante, vous ne pouvez pas crier pour appeler quelqu’un mais juste chanter. Alors, vous vous mettez à chanter… Vous marchez et vous chantez tout seul… 

Des fois, des éléments de décors semblent réagir à vos chants, en dégageant une sorte d’énergie. Vous trouverez des élément brillants, certainement emplis de cette même énergie, des bouts de tissus volent ici et là, vous emportant parfois dans les airs, et vous constatez que votre écharpe brille elle aussi, et s’allonge, symbolisant peut-être votre propre énergie… En tout cas, vous vous rendez compte que plus cette écharpe est longue, plus vous pouvez voler longtemps…

Si vous avez décidez de jouer en ligne, c’est à peu près à ce moment là que vous commencez à voir du mouvement.

Vous n’êtes pas seul finalement ! Qui est ce personnage qui vous ressemble et qui a l’air aussi perdu que vous ? Vous chantez ! Lui aussi ! Peut-être allez vous marcher ensemble vers cette lumière, peut-être qu’il va aller voir ailleurs… Peut-être que vous avez besoin de lui ? Mais comment lui dire ?

Au départ dans un désert sans fin, vous arrivez progressivement dans des constructions immenses qui vous donneront vraiment l’impression d’être une toute petite chose. Et vous recroiserez peut-être d’autres voyageurs perdus comme vous, qui avancent, et tentent de comprendre…

Qui a construit tout ça ? Qui sont-ils ? Qui sommes-nous ?

A la fin de chaque chapitre, vous verrez sur une fresque animée, qui vous montre des personnages blancs. Qui sont-ils ? Marchent-ils vers la lumière comme vous ?

Vous continuez votre chemin tout en cherchant des réponses à toutes ces questions…

Oh c’est beau ! Allez viens on s’casse…

Journey a obtenu plusieurs prix lors des DICE Awards 2013, récompensant notamment sa direction artistique et ses musiques, et ce n’est pas immérité. 

Visuellement Journey est très agréable, l’impression d’être un tout petit personnages dans d’immenses décors nous fait penser à Ico ou Shadow of the Colossus, et étant donné le rythme du jeu, on s’autorise à faire par moment une petite pause avec son compagnon de voyage du moment pour contempler les décors…

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© ThatGameCompany

Et en ce qui concerne les musiques, même si elles ne sont pas inoubliables, elles jouent un rôle important pour l’ambiance globale du jeu, voire très important lors de certains passages.

Un jeu accessible, mais pas fait pour tout le monde…

Comme je le disais au début, il y a une sorte de mini tutoriel au tout début vous explique les quelques interactions possibles, et on pourrait clairement s’en passer tellement elles sont simples. 

Vous ne pouvez pas perdre, et il n’y a qu’un chemin, mais votre aventure ne se déroule pas toute seule, vous devez interagir avec des éléments, des choses vous empêcheront de progresser, et il faut donc faire attention, éviter et lutter d’une certaine manière contre ces éléments.

Le jeu en ligne vous permet de croiser d’autres joueurs, de manière anonyme, il n’y a qu’à la fin que vous verrez les noms des gens avec qui vous avez voyagé, ainsi que le symbole qui apparaissaient quand ils chantaient. Les autres joueurs surgissent à un moment, et disparaissent parfois, sans que vous ne puissiez rien y faire, ils sont libre, vous aussi. 

Le voyage se termine en moyenne en moins de trois heures. 
Pour ceux qui ne lâchent pas un jeu sans avoir trouvez tous les trophées, il y en a quelques-uns pas forcément évident à obtenir, il vous faudra donc recommencer le jeu plusieurs fois, mais c’est vraiment le premier voyage qui est marquant.

Si vous cherchez un jeu avec des mécaniques complexes à comprendre et à utiliser pour détruire froidement des hordes d’ennemis violents, ben… Vous n’avez pas choisi le bon jeu. Ici, les mécaniques sont simples, il n’y a pas d’ennemis, pas de boss de fin de niveau, et pas vraiment de défi. 
Pour certains il s’agira d’un simple voyage contemplatif, pour d’autres Journey a été une puissante expérience émotionnelle, mais il y a aussi des joueurs qui se seront profondément ennuyés. Journey est donc accessible à tous, mais il n’intéressera pas tout le monde…

Je pense personnellement que Journey est une oeuvre vraiment importante, et je conseillerais à tous d’y jouer, mais je ne me mouillerais pas en disant que vous allez l’aimer, car c’est véritablement une expérience personnelle. 

Journey est disponible exclusivement sur Playstation 3 en dématérialisé depuis mars 2012 et il est également sorti en version boite dans une compilation avec Flow et Flower en août 2012 aux USA, puis en juin 2013 en Europe.

Un voyage inattendu

J’ai essayé dans cet article d’en parler sans trop en dire, mais c’est vraiment compliqué.

Je vais maintenant partagez avec vous ce que j’ai ressenti en jouant à Journey, si vous avez l’intention de jouer à ce jeu, je vous invite à arrêter la lecture de suite, et d’y revenir quand vous l’aurez fait, parce que là je vais quand même un peu spoiler.


 J’avançais simplement au départ, sans trop me poser de questions, jusqu’à la fin du premier chapitre, et ce que j’ai pris pour une première vision, avec ce grand personnage, la première fresque animé et ses personnages en blanc.

La première chose que je me suis dit, c’est que ces personnages blancs représentaient les joueurs, c’est à dire vous et moi. De ce point de vue là, si on débloque tout dans le jeu, on se rend effectivement compte qu’on peut être un personnage en blanc. 

Et puis à partir du deuxième chapitre je me suis dit : Ce grand personnage symbolise ceux qui font que je suis en train de jouer.
Cela regroupe aussi bien le créateur du jeu, que ce joueur qui après l’avoir testé aura su avec son témoignage me donner envie de jouer. Il est là à me dire « Moi aussi j’ai fait ce voyage, nous l’avons tous déjà fait ! ». Oui c’est un peu « mystique » tout ça… Mais c’est vraiment ce que j’ai pensé sur le coup !

D’autres ont vu dans ce grand personnage un parent, ou un proche disparut, c’est dire à quel point on peut être capable de faire ressortir des choses en jouant.

Bien sûr, au fur et à mesure que j’avançais, ma façon de percevoir le jeu allait évidemment dans le sens de l’œuvre telle qu’elle est décrite par ThatGameCompany, plus la fin approchait, plus cette impression était forte. La vie est un voyage… 

Comme je vous le disais, au départ j’avançais simplement, et pas forcément très enthousiaste, mais curieux. Et j’ai ressenti progressivement un vrai plaisir à faire ce voyage.

Et, c’est après un véritable effort pour mon personnage, qu’il y a eu cet écran blanc puissant que j’ai pris comme la fin de mon voyage, et la force de cette ambiance sonore… Les larmes sont montées sans prévenir, pas ces larmes de tristesses qui viennent accompagnées de sanglots, mais des larmes de sérénité, qui ont parfaitement accompagné la suite que je n’attendais pas de mon voyage, et qui m’ont permis d’accepter et de comprendre la fin…. Ma fin.

Je suis ce qu’on appelle un hypersensible, donc ce n’est pas si rare que je pleure, mais d’habitude je sens venir les choses, et quand il s’agit d’un jeu, c’est plus sur une musique que sur une situation que je suis capable de verser une petite larme !
Là je me suis fait surprendre avec un écran blanc, probablement parce que j’étais vraiment en train de réaliser comment je percevais ce voyage.

Journey est donc rentré dans le club très fermé des jeux qui m’ont fait pleurer, et restera un jeu marquant de cette génération,  pour tout ceux qui l’ont fait et on su l’apprécier.

Persona 4 arena – Playstation 3

Persona 4 arena ou P4 The Ultimate in Mayonaka Arena est enfin arrivé sur X-box 360 et Ps 3 (portage du jeu d’arcade du même nom), et derechef je suis encore à la bourre, comme le jeu a tourné en boucle chez moi depuis son arrivée sur notre sol il y a un mois en gros. Cette sortie n’a pas aidé à la naissance de ce petit billet… ça plus quelques à-cotés, et notamment une attaque de consternation suivant la conf X-box one…

I am Thou…

Tout d’abord avant d’aborder le vif de ce jeu de baston à l’ancienne édité par Arc System Works et Atlus, autorisons nous un poil de présentation de Persona.

Megami Tensei Persona est une des excellentes séries spin off de la saga Megami et Shin Megami Tensei (S.M.T. pour les intimes comme moi qui attendent déjà leur S.M.T. 4 3DS U.S. en pré-commande), des RPG initiés par le bon et beau Koji Okada que j’ai eu la chance de croiser. Une œuvre dont diverses versions ont émergé sur tout un tas de supports principalement console. La Ps 2 notamment a vu pas mal de RPG Atlus égayer son exploitation et même après le départ d’Okada, la série a connu un tournant de la franchise Persona au niveau du design, du gameplay et de la direction artistique.
Globalement, comme les anciens Persona ou Shin Megami Tensei If, les opus 3 et 4 respectent une mise en place lycéenne ou estudiantine de ces rpgs de l’occulte, mais modernisée et lorgnant vers le dungeon RPG à la japonaise (avec génération aléatoire), mixé avec une simulation de vie sociale très chargée de lycéen nippon, apportant son lot de joies et ses contraintes. Revivre le lycée et sauver le monde ou résoudre une enquête, un vrai cauchemar pour les plus flemmards d’entre nous, mais au final un régal léger et original qui mérite un 5ème opus, je l’espère.

Persona 4 Arena

Box art Persona 4 Arena © Atlus – Index digital media inc. / Arc System Works

Du coup, comme cette suite se faisait attendre, Atlus et Arc ont fait un pari (ou en ont perdu un qui sait), lancer un cross over de baston / RPG avec un cast de persos issus des épisodes 3 et 4 logiquement, ceux de la nouvelle veine avec cette identité visuelle et musicale forte, plus colorée et légère que ces prédécesseurs où le design sombre et maladif de Kazuma Kaneko étendait encore son ombre avec génie toutefois.

Pour un défenseur apparent du retro, je ne nierai pas l’excellence des anciens opus, surtout le 2, Innocent Sin + Eternal Punishment, mais j’avoue aussi avoir goûté et salué la modernisation, ou en tout cas le changement, un plaisir différent tout en étant respectueux et agréable à jouer.

Il n’était donc pas sacrilège de réunir ce cast plus récent et qui a du connaître plus de succès en occident que la veine originale. C’était il y a pas mal de temps au Japon…

Car le temps que ça sorte dans notre pays, nous avons pu pester tout notre saoul contre un des rares jeux à être zoné sur Ps 3.

And Thou art I…

Et enfin, il arriva, le meilleur Arc System, oui, je casse le suspense d’entrée avec du trollisme, je kiffe ce jeu de ston-ba comme aucun autre à mon avis.

Déjà par pure subjectivité de cultiste militant de la déesse métempsycose, mais aussi en tant qu’amateur des Arc System depuis le premier Guilty Gear et ses ziques endiablées. Les jeux Hokuto no Ken, Battle Fantasia ou encore BlazBlue n’ayant pas réussi à renouer en moi ce tissu d’émotions et de plaisirs d’époque, l’achat de ce croisement se révélait indispensable mais pas dispensé de critiques.

Ce portage du RPG stylish et lycéen est, comme à l’habitude du genre, à plusieurs lectures, on peut faire du beau et du vif avec la chance du débutant, c’est fun, beau, bien animé, mais l’intervention des personas (sortes de stands jungiens à la Jojo pour les noobs) rajoute un degré très intéressant dans la gestion des distances, des combos, un peu comme un Basara de Samurai Shodown 4 et ses intervention depuis les ombres. Ce n’est pas aussi immédiat que des hadokens / shoryukens à pratiquer mais c’est fichtrement plaisant et ça varie les plaisirs, les aptitudes même basiques des personas sont assez diversifiés selon les persos.

Persona 4 Arena

Persona 4 Arena arcade version © Atlus – Index digital media inc. / Arc System Works

Ces avatars intérieurs et mythologiques des persos jouables ont aussi de la vie à gérer et à défendre pour pouvoir continuer à intervenir, à vous assister à la Capcom en soutien ou carrément faire le gros du taff pour jongler avec votre adversaire.

Le tout est nerveux et se gère avec 4 boutons et leurs combinaisons, mais reste complet, permettant foultitude d’enchaînements de combos différents et esthétiques pour chaque persos. En plus de fournir une expérience de claque déjà bien mix avec ce concept de persona, Arc et Atlus ont versé dans le style hommage RPG avec même les buffs, soins, magies maison S.M.T., death spells, status ailments assez bien implémentés pour un baston 2D like.

Les pouvoirs sont à gérer avec un barre de spirit points, il y a des supers, des finish, un burst de move un peu spécial, un break « one more » pour briser un enchaînement auto et recoller à la main une attaque gratos qui ouvrira sur d’autres combos, un awaken qui ouvre sur des pouvoirs spécifiques, des esquives, la « all out attack » très cartoonesque et Persona style qui ouvre aussi des perspectives de combos autres que pur fan service, du classique et du moins classique, le tout pour un cocktail à la fois évident et fouillé, riche et délectable.
Ça peut rebouter les plus feignasses cette profusion aux mécaniques pourtant simple, on est pas dans le matraquage de boutons (un Soul calibur fini en story avec uniquement le bouton triangle et pas de directions, c’est faisable, par expérience^^). Là c’est de la bonne baston complète à l’ancienne et qui nécessitera de faire le tuto ou lire la notice un poil, mais qui blaste même sans ça, si les deux adversaires sont débutants cela restera un beau et fun clash .

Non, vraiment, à part le nom du jeu, les mécaniques sont vraiment bien gaulées et m’ont fait vraiment kiffer plus qu’un Street 4, ou un Marvel vs Capcom 3 dont j’adore pourtant une partie du cast Capcom.

Le cast justement, parlons en, trop court dirons les chagrins, 13 persos, presque tous sortis des jeux originaux. Un Arc System avec un bon cast, c’est le minimum, Guilty Gear proposait vraiment un bon panel mais comportait quand même des déchets pour mon goût, le roster de BlazBlue lui n’avait pas autant de force que le line up des Chipp, Johnny, Dizzy, Ino, Zato, Justice etc… Je ne parlerai même pas des mecs en kimonos qui croisent des brésiliens en shorts atteint de jaunisse pour pas tirer la notion de roster jeu de baston vers le bas.

Là j’ai vraiment envie de jouer tous les persos, peut être parce que j’ai fait les RPGs, mais aussi car les expériences sont vraiment différentes, des contacteurs, des magos, des utilisateurs d’armes à feu (avec ou sans gestion des munitions), le nombre des manips varie vraiment d’un perso à l’autre et n’enlève rien au plaisir de jeu.

Persona 4 Arena

Persona 4 Arena arcade version – © Atlus – Index digital media inc. / Arc System Works

C’est du Persona new generation comme le 3 et 4 , frais et fun, avec des lycéens (même si ça ne « pecho » pas dans ce baston contrairement au RPG) et les designs de Shigenori Soejima sont respectés, colorés et excentriques pour les personas, l’adaptation au mode baston 2d est même fidèle aux modèles des RPGs dans leurs spécialités respectives (plutôt mage de feu que contacteuse pour Yukiko par exemple).

Du respect de l’œuvre dans ce qu’on aurait pu considérer comme juste un coup commercial, que demander de plus ?

From the sea of thy soul…

Ah, et voilà, la passion m’entraînant, j’ai rompu avec toute méthode et j’ai parlé du principal et du particulier avant d’évoquer le général et la forme.

Cette forme est elle aussi fidèle, colorée, légère avec la charte graphique Persona 4, visuellement et niveau anim in game, c’est aussi du respect et du talent qui caractérisent le titre.

Et niveau zique, si Arc avec ces derniers jeux n’avait pas réitéré l’exploit de coller dans l’oreille du joueur les hymnes légendaires de Guilty Gear, là de l’interface au jeu lui même, il y a foule de reprises de Persona, de réarrangement et de tracks variées jazzyfunkouille hip pop techno rock ou pop djeun, il y a même de la track rock avec du son de gratte Megami tensei-esque pur à la S.M.T. 3. Oui, on sent le Shoji Meguro entre autres, quel plaisir de voir le thème de la velvet room assaisonné en mode combat pour ambiancer Elizabeth. Les thèmes collent bien aux persos, sont entraînants et dans styles divers, et cerises sur le gâteau, un sound test (malheureusement un poil incomplet, manquent des tracks du story mode) et un petit Cd de remix offert avec le jeu viennent parfaire la classe sonore du titre.

Pour les modes de jeux outre le versus local et le online désormais indispensable pour le genre, en action pure et solo, sans blablas ni chichis, il y a l’arcade mode. Les story modes sont plus conceptuels, comme une sorte de visual text novel pour chaque perso, plus complet pour expliciter cette histoire à part se déroulant un an après le P4 (avec quelques choix à faire et parfois du gag ending). C’est un poil « spoil-atif » de la série Persona quand on n’a pas fait les RPGs, mais pas tant que ça, on note une certaine délicatesse qui laisse assez de flou pour ceux qui veulent se rattraper et découvrir la série.

Quand les différentes story à lire (avec seulement 6 à 7 round de fight du coup, ou moins) se recoupent et mettent en scène la rencontre des deux mondes de Persona 3 et Persona 4, ça donne une même histoire avec divers point de vue, mais aussi divers éléments de scénario perçu ou pas. Déjà l’effort et sympa, pour tout fan de Persona, mais en plus cette intrigue courte et ce retour à la mayonaka tv ouvrent des choses, peut être vers du Persona 5 ou du Persona 4 Arena 2.

Ces historiettes font un peu le service après vente de la story line 3 ans après les événements de P3 déjà, ce qui permet de retrouver des anciens de la saga, avec leur évolution.

Mitsuru Kirijo dans Persona 4 Arena - © Atlus - Index digital media inc. / Arc System Works

Mitsuru Kirijo dans Persona 4 Arena – © Atlus – Index digital media inc. / Arc System Works

On peut comparer les états d’esprit des persos d’ailleurs, ceux de P4 plus jeunes et encore au bahut sont encore un peu dans leur problèmes d’ados, et ceux du P3 sont limites vétérans et des pjs qui en ont terminés avec ces âges ingrats, passés pros pour certains et toujours dans la course à la trame générale de Persona, même jeune adultes (ceux du 4 sont des lycéens de campagne à coté, sans métaphore). Il n’y qu’a voir comment les vrais se confrontent au scenar et à l’enquête par rapport aux jeunes branleurs d’Inaba ^^, il n’y a pas photos. Bref, ça reste du lire / écouter et avancer le texte, avec des graphs, et quelques combats mais mine de rien, c’est appréciable pour ceux qui suivent la série, et ancre bien ce baston dans la continuité, cela fait même le pont entre le passé et ouvre le futur.

I come…

En conclusion, ce jeu déchire grave sa race, un must pour les fans de Arc et Guilty ou les fans de Persona (et pour ceux qui réunissent les deux conditions, un orgasme en rondelle plastifiée).

Tout est bon dans ce Persona 4 Arena, si je devais trouver des reproches, je dirais que ça vous recolle l’envie de refaire P3 et P4 (sur portable par exemple, ce que je fais du coup) et grève votre temps imparti au social link « écriture sur gamedaba ».

Plus technique et accessoire, un poil pointu, en tant que connaisseur, on pourrait peut être regretter que le pouvoir de la wild card de Yu Narukami, le héros, soit absent de son gameplay, le fameux pouvoir de changer de persona. A mon avis, Izanagi est très bien codé comme persona, mais en addition au gameplay de Yu, je pense qu’un « persona change » avec un petit roster de persona supplémentaire et un poil aléatoire (comme peut l’être un des pouvoirs de Teddie) aurait pu être bienvenu, comme des stances à changer en combat, avec la chance ou pas de tomber sur la persona adaptée. En plus d’Izanagi, j’aurais bien vu une petite Pixie et un Jack Frost, emblématiques tous deux de S.M.T., pas puissant mais en complément d’un Izanagi nerfé, mais uniquement pour coller encore au plus prés de l’original.

Jack Frost

Jack Frost – © Atlus – Index digital media inc.

Toujours dans l’exigence de fan, on pourrait regretter l’absence de costumes alternatifs comme dans le rpg qui fait dans le varié avec tenues d’hiver, d’été, uniformes de lycée ou vêtement de loisir, armures ou cosplay (jusqu’à la célèbre et dénudée high cut armor^^). Le modèle baston 2d est certes pas l’idéal pour se permettre ce genre de changement de skin, on a juste un changement de couleur à l’ancienne (et des couleurs en plus en DLC payant) très accessoire, le vrai gamer taliban que je suis ne changeant jamais l’original d’un perso Atlus. L’autre DLC dispensable mais plus sympa niveau mise en place à mon avis, ce sont les lunettes pour la midnight channel, c’est tout bête et payant, mais c’est plus logique pour la série. Dommage que celui ci ne soit pas gratuit, accessoire, inutile, cosmétique : je l’aurais bien utilisé ^^.

C’est certainement du chipotage de dernière minute, mais histoire de prouver que je peux proposer aussi et pas seulement m’opposer ^^, si un game designer d’Arc ou d’Atlus passe ici, sait-on jamais… Depuis que j’ai vu « Cozy » Okada en vrai, tout est possible dans cette réalité…