Doritos Gate, un an après…

Ouais, tu es jaloux, et tu rêverais d’être à leur place !

Ah ça, quand on fait un blog sur les jeux vidéo, et qu’on donne un peu son avis sur les sites pro, on fini toujours par entendre quelqu’un qui nous sort « Tu les critiques mais tu voudrais être à leur place ! ».

On va être clair, quand j’étais un préado, je lisais les magazines, et j’étais clairement jaloux que les mecs puissent tester en avant première les jeux qu’ils recevaient gratos, aller dans les salons spécialisés partout dans le monde, ou rencontrer les créateurs que j’aimais. Je me disais que c’était le boulot parfait ! Puis arrivaient les pages avec les tests de jeux, les bons jeux, les gros blockbusters insipides, les mauvais jeux, qui recevaient des notes pas si méchantes que ça dans Consoles+ ou Joypad, et je me disais que quand même ça devait être chiant d’être forcé de jouer, de finir un jeu au plus vite, bon ou mauvais, pour en écrire la critique, et que je préfèrais jouer quand je voulais, et pas pour gagner des sous, pour que les jeux vidéos restent ma passion.

Oui, je suis un passionné, j’aime les jeux, depuis bientôt 30 ans, et je ne veux pas être forcé par un rédacteur en chef à écrire une critique d’un jeu qui ne m’intéresse pas, encore moins être indulgent parce que l’éditeur représente 50% du budget pub du site.

En écrivant ici, je m’autorise à partager avec des inconnus ma passion, dire et expliquer pourquoi j’aime on non quelque chose, sans aucune contrainte, en espérant pousser les rares personnes qui me lisent à se demander pourquoi ils sont d’accord ou non avec moi, et surtout à se forger leur propre avis.

Je peux même pondre quatres pages de texte sur un sujet dont plus personne ne parle et constater d’ici quelques jours que personne ne les a lu en dehors du robot Google !

Si je tiens des propos intolérables dans lesquels il n’y a pas de tolérence, je ne risque rien, pas besoin de me justifier.

Je ne recevrais pas de versions éditeur, mais de toute façon je n’aurais pas le temps de tester le jeu avant qu’il ne sorte !

Je n’irais pas non plus à l’E3 tout frais payé, mais il faut relativiser, je peux voir les conférence en direct sur internet, tester certains jeux en version beta, et parfois même dialoguer sur les réseaux sociaux avec les créateurs…

Et puis je peux même m’autoriser à ne pas avoir de face, en participant à un concours et dire :

« Trop bien le nouveau #Battlefield, j’espère gagner à ce concours, pour l’offrir à Kelesis, moi j’ai déjà précommandé le mien #fanboy »

On pourra pas parler de conflit d’intérêt, je fais ce que je veux, et voir Kelesis hurler si il se prend un Battlefield dans la tête, lui qui est fan, ça n’a pas de prix !

Je peux même tweeter pour un sandwich !

Je peux même tweeter pour un sandwich !
Source : Playstation.Blog

Et en fait, je les aime bien

Oui, car ils font un boulot utile, en nous résumant les informations qu’ils reçoivent ou vont chercher un peu partout, parfois même à des endroits ou nous n’aurions pas pu aller, et aussi car malgré les pressions, une grande partie tentera de nous livrer des critiques intéressantes, nous permettant de nous faire un avis sur des jeux qui coutent de plus en plus cher.

Il y a même des journalistes, chroniqueurs ou testeurs dont l’avis m’intéresse, comme Thierry Falcoz sur Nolife, Poischich ou Puyo de Gamekult (pour en citer quelques uns qui me viennent à l’esprit), pas parce que je suis souvent d’accord avec eux, mais parce qu’avec le temps j’ai fini par les comprendre et connaitre leurs gouts, j’arrive parfois à me faire un avis en écoutant le leur.
D’ailleurs ça marche aussi avec ceux qui ont des avis habituellement complètement différent du mien, à force je sais à quoi m’en tenir quand ils conseillent des jeux !

Il y aussi ceux qui par leur enthousiasme légendaire, et la façon qu’ils ont de présenter un jeu titillent ma curiosité, et me donne envie d’essayer des jeux auquel je ne m’intéressais pourtant pas, comme ce bon vieux Marcus qui est loin d’avoir les mêmes gouts que moi pourtant.

Bon, c’est sûr qu’il faut faire le tri, comme je disais plus haut, je ne lis plus IGN depuis au moins 10 ans, et je me limite à très peu de sites ou émissions finalement…

Que retenir du Doritos Gate ?

Melenys et Pokora qui participent à ce blog et que je connais depuis quelques années pourront vous le confirmer : je ne retiens pas vraiment les noms. Demain j’aurais oublié une grande partie des différents journalistes et chroniqueurs anglais ou français que j’ai cité, ce sera peut-être même déjà le cas quand j’aurais fini d’écrire cette phrase…
Comment elle s’appelait la journaliste qui bossait pour Square Enix déjà ?

Par contre, je retiendrais surement un bon moment la photo et son potentiel comique, ainsi que le nom de cette affaire, parce que oui : un bon nom qui claque, on le retient ! Dès qu’on me proposera des Doritos, j’y penserais.
D’ailleurs, c’est à se demander si tout ça n’était pas monté de toute pièce, et si ce n’est pas Doritos qui est derrière tout ça…
C.O.N…spiracy !?

Plus sérieusement, ce qu’il faut retenir, c’est qu’il faut garder son cerveau actif, et rester conscient que tout ceci est un business. La presse ne nous dicte pas nos gouts, elle nous parle des jeux, personne d’autre ne peut vous dire ce que vous penserez d’un jeu.
Avec le temps, votre expérience de gamer sera suffisante pour savoir si un jeu vous plaira avec quelques images et une rapide explication du gameplay. Croyez moi, je joue depuis 30 ans, je peux écouter une critique super positive d’un jeu en me disant : « Ouais ben ça à l’air à chier !« .

Et dernière chose à propos des journalistes spécialisés en jeux vidéo, ce sont des gamers comme vous, souvent des passionnés, des fanboy, des haters, et même parfois des trolls, mais ce qu’il ne faut pas oublier, c’est qu’ils font parti du business.
Ils ne sont pas en train de discuter sur leur site ou à la télévision avec vous comme de vieux amis. Ils travaillent.

Cette affaire ne changera pas fondamentalement la façon dont les choses se passent entre les médias et les éditeurs de jeux, ce sont les lecteurs et donc les joueurs qui doivent évoluer.


Cet article est en chantier depuis fin 2012, et fait suite à de nombreuses discussions qu’on a pu avoir sur le sujet entre amis, notamment avec Fistounet, qui a écrit bien plus rapidement que moi son article « Du pognon et des notes », avec ce style un peu plus radical qu’on apprécie chez lui… Je vous invite à le lire également, ça fait un peu doublon par moment, c’est ma faute, mais on rigole plus avec lui !

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3 réflexions au sujet de « Doritos Gate, un an après… »

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