Doritos Gate, un an après…

Je te trouve bien gentil d’un coup !

Attendez ! Ne bougez pas !
Je ne veux pas tomber dans le « tous pourris » stérile, ni dire à la façon des inconnus « Il y a le bon et le mauvais journaliste ».
Il y a quand même des choses qui ne vont pas, et qu’on doit dénoncer, que ce soit les pratiques douteuses des éditeurs, ou un certain laisser-aller de la part de quelques journalistes…

Tout pour le clic

Il y a des types de news qui appellent le clic, par exemple celles ou on retrouvera invariablement les mêmes trolls, et les mêmes fanboy. C’est classique, mais ce n’est pas ces news qui me gênent, je parle plutôt de la news bien dans l’actu avec trois lignes de contenu qui le plus souvent n’apprend rien, typiquement en ce moment ce sont des pubs pour parler des prochaines consoles, avec une info inintéressante. Exemple :

Une PS4 bleue ?
La boite de la PS4 sera bleue, c’est ce qu’on apprend sur
amazonwomenonthemoon.com qui propose la console
en précommande pour 399 euros.

Et à la fin, magie de la technique : Un lien vers le site partenaire pour précommander la console, au cas ou le texte n’aurait pas été suffisant.

C’est le business, mais c’est vraiment limite, y a rien d’intéressant, on espère juste que l’internaute cliquera sur la pub. Avec un peu plus de contenu, je suis sûr que ça me gênerait moins !

 De la news au format SMS

Un peu dans le même esprit que la news à clic, un titre racoleur, et trois ligne de contenu, juste pour créé du mouvement.
On a l’impression de lire un tweet, d’ailleurs elle sera facile à relayer sur les réseaux sociaux si le titre est bien percutant.
Il y a tellement peu de texte qu’il n’est pas rare d’apprendre plus de choses en lisant les commentaires dans les forums que l’article en lui même…

Sites pro ou blog ?

De temps en temps, j’ai presque du mal à faire la différence entre un site d’actu pro, et un blog d’amateurs avertis, que ce soit au niveau de la présentation, que du contenu.

Il y a par exemple dans les deux cas des articles ou l’auteur se contentent de reprendre et traduire des sites étrangers, en citant – ou non – les sources. C’est pratique pour ceux qui n’ont pas le temps de lire toute la presse étrangère, ou qui ne maitrisent pas les langues étrangères.

Mais aussi bien chez les amateurs que chez les pros, on constate des traductions et des interprétations de news américaines faites à la va-vite, et avec un bout de phrase traduit à l’arrache on lance une polémique !

C’est un peu ce qui était arrivé avec les différentes annonces sur la Xbox One, et plus précisément sur le fait de pouvoir revendre ou préter ses jeux. Le sujet est violent, donc je cherchais un maximum d’information dessus, et je lisais des articles qui se contredisaient, des explications complètement bancales, et bien sûr les utilisateurs des réseaux sociaux relayaient tout ça sans chercher à comprendre !

Mon article « Xbox One le jour d’après », qui faisait suite à un long résumé de la conférence, avait été lu par un journaliste bien connu qui avait réagit un peu vivement en disant que je n’avais pas compris du tout, alors que j’avais pourtant lu des dizaines d’articles et d’interviews, et que je faisais bien un lien vers l’article en anglais sur lequel je m’étais basé, qui expliquait que tout semblait encore en discussion chez Microsoft, tout en donnant quelques précisions bien plus crédibles que ce que j’avais pu trouver ailleurs.
Je ne lui en veux pas du tout, là n’est pas la question, j’étais d’ailleurs complètement d’accord avec lui sur le fond du sujet, mais c’était étonnant de voir des blogs dans la retenue, tandis que des journalistes se lâchaient sans avoir forcément toutes les informations en main.

Pour ma part, il fallait avertir, et se poser des questions, mais sans communiqué officiel, il n’y avait pas de raisons de s’emballer.

Quelques temps après nous avons eu une première explication de Microsoft, que j’ai pu commenter avec beaucoup moins de retenue, et ensuite comme vous le savez surement, tout ceci a été abandonné… Du moins pour le moment, car on se doute tous que ces idées ne sont pas définitivement enterrées.

Je trouve qu’on voit de plus en plus souvent des pros faire dans la précipitation et dans le sensationnalisme, alors que des amateurs vont aller faire un débrief qui me semble plus intéressant, mais probablement pas assez populaire.

Petits cadeaux entre amis

Là j’aborde un point qui fait vraiment râler les joueurs, bien plus que les versions éditeurs en avant première, ce sont les cadeaux que reçoivent les journalistes.

Si vous regardez le JT de Julien Tellouck sur Gameone, ou suivez par exemple Marcus sur les réseaux sociaux ou dans ses émissions Chez Marcus, vous avez pu les voir nous présenter des goods, ou des versions limitées uniquement destinées aux journalistes, qu’ils reçoivent en cadeau de la part des éditeurs. Ce ne sont pas les deux seuls à les recevoir dans le monde, mais ils ont le mérite de nous les montrer.

Sur ce coup, ne vous trompez pas de cible ! Le journaliste n’a pas demandé à l’éditeur de recevoir une édition limitée pour parler d’un jeu !

Oui, ça ressemble à une tentative de corruption. Est-ce que ces versions limitées influencent vraiment l’avis des journalistes, je ne pense pas dans le cas ou ce dernier aime le jeu, il l’aurait dit de toute façon, par contre si le jeu est mauvais, il ne le dira peut-être pas de manière aussi directe…

Après on est en droit de penser que l’éditeur snobbe complètement les fans qui trouveront injuste de ne pas avoir accès à ces collectors… Enfin si ça peut les intéresser, il y a bien quelques journalistes qui n’hésitent pas à arrondir leurs fins de mois en les revendant.

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Oui ça fait mal.

 

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Revendre un cadeau ça se fait pas !

En tout cas, ces pratiques sont connues, et un peu à l’instar de ces engagements ou autres chartes dont je parlais plus haut, vous avez peut-être remarqué sur plusieurs sites une mention indiquant si le test est réalisé sur une version commerciale achetée par la rédaction ou envoyée par l’éditeur.
Je trouve intéressant le fait que les rédactions se soient dis qu’il fallait le préciser. Ce n’est pas indispensable pour le lecteur, mais pas inutile non plus…

Ménage et conflit d’intérêts

Dans le monde du journalisme, ce qu’on appelle faire un ménage correspond à une activité en parallèle du journalisme, comme par exemple intervenir en tant que consultant pendant une conférence d’un éditeur de jeu. C’est très fréquent, il en est d’ailleurs question dans le film « Les nouveaux chiens de garde » dont je parlais plus haut, et non je ne suis pas payé pour faire de la pub pour ce film !

On peut prendre le cas de Julien Chièze rédacteur en chef de Gameblog, dont il est question dans cet article du site Arrêts sur images, et qui était intervenu dans une émission que vous pourrez retrouver sur ce même site.

Celui-ci expliquait sans se cacher qu’il fait des ménages, c’est très bien et honnête de le dire, on constatera tout de même qu’il doit avoir un soucis de conscience avec ça, puisqu’il se sent obligé de se justifier maladroitement en disant qu’il n’est pas journaliste, et qu’il ne ferait pas un test sur Gameblog d’un jeu pour lequel il a fait la promotion.
Il ne précise pas par contre si, en tant que rédacteur en chef, il s’interdit de donner des consignes à celui qui se chargera d’écrire le test du jeu en question, ou à être plus indulgent lorsqu’il testera les jeux du même éditeur quelques mois plus tard.
Si vous avez lu l’article lié plus haut, on voit qu’il n’avait pas hésité par contre à venir parler d’un jeu sur France Inter, alors qu’il en fait la promo le jour même.

Bref, ça n’est pas joli-joli tout ça.

Mais là encore il n’est pas le seul à faire ça, ce n’est pas utile de se focaliser uniquement sur lui. Il a tenté de se défendre et à échoué d’après moi, ça ne l’empêche pas aujourd’hui de toujours faire son travail, comme ceux qui ont fait profil bas au moment de cette affaire.

Les soirées ou personne ne joue !

Je n’ai jamais assisté aux soirées de présentation de consoles, de jeux, ou autre évenement réservés aux journalistes, mais grace à Suzuka et son émission Tokyo Café sur Nolife, j’ai pu en voir au moins une de l’intérieur…

Pendant cette émission qu’on doit pouvoir retrouver sur le site, « Solid Suzuka » tente de trouver quelqu’un qui avait essayé le nouveau Metal Gear pour avoir son avis, à un moment alors qu’on entend encore quelqu’un lui répondre « Je n’ai pas eu le temps de la tester ! », on constate qu’il est à un mètre d’une borne que personne ne touche, et Suzuka se retrouve presque obligée de le forcer à jouer !

En gros tout le monde s’en fout du jeu, ils sont venu boire un coup et taper dans le buffet à l’oeil !

Il n’y a même pas besoin de faire la queue, mais non les mecs sont là et s’en foutent complètement du jeu, c’est pas comme si c’était leur métier de nous en parler sur leur site quand il rentre…

Alors ils ont surement un petit kit qu’ils embarqueront après, peut-être même avec une démo, mais admettez qu’on est assez loin de l’image de jeune passionné qu’on essaye parfois de nous vendre, personnellement dans une soirée comme ça ou je suis convié, même si le jeu ne m’intéresse pas, si c’est mon boulot, je tâte le jeu, et après je vais discuter et me goinfrer…

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